Historique

Au début du XXe siècle, le Grand-Duché ne dispose que de trois gymnases situés à Luxembourg, Diekirch et Echternach. Pour répondre aux exigences d’une industrie en plein essor, le pays nécessite d’une école secondaire à vocation scientifique et technique pouvant fournir les cadres administratifs des secteurs industriel, commercial et public. C’est ainsi que l’École industrielle et commerciale d’Esch-sur-Alzette (Industrie und Handelsschule) ouvre ses portes en octobre 1901 après les nombreuses sollicitations des députés du canton d’Esch, dont le conseiller communal C.M. Spoo. Les premiers cours pour les 118 jeunes garçons inscrits se tiennent dans un bâtiment d’école situé rue de l’Alzette, à l’emplacement de l’actuel Centre Mercure.

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Ce n’est que pour la rentrée de l’année 1909 que l’école emménage dans les locaux actuels dans la rue du Fossé. Le nouveau bâtiment, conçu dans le style néo-renaissance par l’architecte de la ville d’Esch Paul Flesch, s’inspire des préfectures des villes françaises. Sur la façade principale figure le blason de la ville d’Esch.

À la veille de la Première Guerre mondiale, les effectifs d’élèves ont doublé et augmentent pendant les années du conflit, même si le déroulement des cours est perturbé par les épidémies de grippe et le passage des troupes allemandes d’abord et américaines ensuite.

 

Entre 1919 et 1926, le nombre d’élèves se stabilise autour de 240. En juillet de cette même année, l’amicale des anciens élèves, aujourd’hui Amicale vum Escher Kolle’sch, est fondée, se posant comme objectif « la sauvegarde du prestige du lycée ». En effet, l’école ne dispose pas de section latine à l’époque, ce qui exclut ses élèves de la plupart des professions libérales. C’est avec le soutien de l’amicale et de jeunes professeurs partisans des humanités classiques qu’un cours de latin facultatif est introduit dans les classes de 7e et 6e. En 1940, le nouveau directeur du lycée André-Paul Thibau obtient finalement la prolongation du cours de latin jusqu’en première, permettant ainsi à ses élèves l’accès à toutes les carrières académiques. En même temps, les élèves de IVe ne doivent plus se rendre à l’Athénée de Luxembourg pour l’examen de passage en IIIe.

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Sous l’occupation allemande, l’Oberschulrat nommé par les autorités nazies ordonne la mise au pas (Gleichschaltung) de toutes les écoles secondaires luxembourgeoises. L’école prend le nom de Staatliche Oberschule für Jungen. Les élèves sont alors tenus d’adhérer à la Hitlerjugend et d’en porter les insignes. Certains élèves et professeurs sont contraints de quitter l’école pour des raisons politiques ou raciales. D’autres élèves sont enrôlés de force. En 1942, 94 élèves sont arrêtés et déportés dans le camp de rééducation du château de Stahleck, en Rhénanie. Le corps enseignant se réduit au nombre de 13 professeurs pour 354 élèves.

 

Après la libération du pays, les effectifs d’élèves doublent. En 1944, les autorités américaines exigent la reprise des cours dans les meilleurs délais. C’est ainsi que le 16 octobre, la nouvelle année scolaire est inaugurée avec un cortège précédé du drapeau tricolore. Or, pendant l’offensive de von Rundstedt, les locaux de l’école sont réquisitionnés par les troupes américaines jusqu’au mois de juillet. À la fin de la guerre, l’École industrielle et commerciale adopte le nom de Lycée de Garçons. Le 8 décembre 1951, le lycée célèbre son cinquantenaire en présence de S.A.R. le Prince Jean. La troupe théâtrale Studentebühn vum Escher Kolle’sch voit le jour dans ces années caractérisées par une augmentation en flèche de la population scolaire. L’ancien bâtiment, conçu pour 300 élèves, s’avère trop petit. En 1957 débutent les travaux pour la construction de l’aile longeant la rue de l’Hôpital (Nouveau Bâtiment).

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L’inauguration officielle a lieu le 15 mai 1965 en présence de S.A.R le Grand-Duc Jean. Le nouveau bâtiment comporte à l’époque dix salles de classe, les laboratoires pour les branches scientifiques, deux salles de dessin, une salle de chant, une salle d’éducation physique (aujourd’hui, le restaurant scolaire), la salle de fêtes et le préau où la mosaïque réalisée par le professeur Foni Thissen commémore la mort des élèves du lycée pendant la Deuxième Guerre mondiale.

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L’année 1968 est marquée par l’introduction de l’enseignement de la philosophie au LGE et par l’adoption de la loi du 10 mai mettant fin à la séparation des filles et des garçons dans l’enseignement luxembourgeois. Timidement, les premières jeunes filles s’inscrivent au Lycée de Garçons. En 1972, elles sont déjà au nombre de 160, ce qui amène le directeur Henri Koch à lancer une consultation parmi les enseignants, élèves et parents d’élèves portant sur la nouvelle dénomination éventuelle du lycée. Parmi les propositions figurent entre autres les noms de Lycée C.M. Spoo, Lycée classique Terres Rouges ou Lycée Grande-Duchesse Charlotte. Or, le maintien du nom Lycée de Garçons est validé par une écrasante majorité de 88% chez les élèves.

Pendant les années 1970 et 1980, la troupe théâtrale du LGE connaît plusieurs grands succès dont la pièce D’Preise sin do applaudie par plus de 5000 spectateurs. Entre-temps, la population scolaire dépasse les 1200 élèves. La capacité maximale du bâtiment étant atteinte et les installations devenues vétustes et démodées, la modernisation du lycée, attendue depuis longtemps, s’impose. Après le rachat des terrains limitrophes et les nombreux appels de la direction, des professeurs, des parents d’élèves et des élèves, les travaux de rénovation et d’agrandissement du LGE débutent en 1988 et s’achèveront six ans plus tard.

Ces années voient également la création de nombreuses activités périscolaires comme les concerts de Melomania, les classes de neige (de 1986 à 2001) et la nouvelle troupe théâtrale Geoghelli, baptisée d’après les surnoms des deux membres de la direction de l’époque. L’Uelzecht Kanal, créé en 1996, est la première chaîne télévisée à rompre le monopole de RTL dans le paysage télévisuel luxembourgeois. 28000 ménages reçoivent le signal de cette nouvelle chaîne produite entièrement au LGE.

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L’Aile des sciences est inaugurée en avril 1994 après six ans de travaux. Elle abrite les salles de biologie, de chimie, de physique, les salles d’éducation artistique, la bibliothèque (CDI) et le parking souterrain. Un nouveau hall sportif, spacieux et doté d’un équipement riche et varié remplace l’ancienne salle d’éducation physique qui est transformée en restaurant scolaire, rendu nécessaire après l’introduction de l’horaire aménagé. La nouvelle cantine, spacieuse et lumineuse, est ornée d’un imposant tableau du professeur H. Rabinger représentant les usines et les minières d’Esch. L’école a acquis son aspect actuel.

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En 2001, le lycée fête un double anniversaire : le Centenaire de l’établissement scolaire et les 75 ans de l’Amicale. En un siècle, de 1901 à 2001, 54.393 élèves ont fréquenté le lycée. Aujourd’hui, 1135 élèves sont inscrits dans nos classes et sont encadrés par 158 enseignants.

 

Chronologie:

1901: Création de l’École industrielle et commerciale d’Esch-sur-Alzette située rue de l’Alzette

1909: Inauguration de l’Ancien bâtiment

1951: Célébration du Cinquantenaire

1965: Inauguration du Nouveau bâtiment (de la salle des fêtes et de l’ancienne salle d’éducation physique)

1994: Inauguration de l’Aile des sciences et du nouveau hall sportif

2001: Célébration du Centenaire

 

Sources:

Vun der Industrieschoul zum Jongelycée vun Esch 1901-2001, Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette, 2001.

Si le LGE m’était conté, Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette, 1994.

Promenade architecturale, Esch city tourist office.